Épisode 4 : Expériences féministes
Nos panélistes
A., l’instigratrice de la page féministe Abattoir.
Mélissa Blais, professeure de sociologie au Département de Sciences sociales de l’Université du Québec en Outaouais.
Marianne Prairie, autrice et cofondatrice du blogue jesuisfeministe.com
** Avertissement : cet épisode aborde certaines formes de violences en ligne en donnant des exemples concrets, nous préférons vous en avertir. **
Expériences féministes
Les luttes féministes ont, à différents moments de leur histoire, dû investir de nouveaux espaces pour se faire entendre. De la rue aux journaux, jusqu’aux médias sociaux, l’histoire de la militance féministe est marquée par le renouvellement des revendications, des stratégies et des modes de mobilisation. Dès les premiers élans du cyberféminisme, les espaces numériques ont contribué à offrir des possibilités d’expression, de diffusion et d’actions militantes, mais ont également posé de nouveaux défis d’organisation et de sécurité.
Dans cet épisode, nous explorons les expériences de militantes féministes sur les plateformes web, notamment Facebook, Instagram et X (Twitter), discutons des risques de la modération en ligne et des stratégies d’autodéfense numérique. Nous nous questionnons sur les tensions entre les idées masculinistes et féministes, ainsi que sur l’apport de la militance féministe qui se déroule en ligne.
Se rassembler entre militantes et défaire les discours essentialisants de la « biologie de la brassée de lavage »
Nos invitées A. et Marianne Prairie soulignent les opportunités de co-construction et d’archivage des savoirs féministes qu’offrent les espaces numériques. Elles insistent également sur l’importance de préserver des espaces sécuritaires et reposants face à la fatigue militante qui pèsent sur les personnes engagées dans les luttes féministes.
La production de contenu féministe en ligne et les avancées du féminisme s’accompagnent toutefois d’une « déferlante antiféministe », que Mélissa Blais envisage comme un contre-mouvement du féminisme. L’antiféminisme, auquel appartient le masculinisme et les tendances des mâles alphas et des incels, s’appuie entre autres sur l’idée que les rôles binaires des femmes et des hommes seraient naturellement différents, une vision trompeuse qui perpétue des rapports de pouvoir profondément inégalitaires. Finalement, les solidarités, en ligne comme hors ligne, apparaissent comme une piste précieuse pour se préserver dans la lutte.
Ressources
- Le projet Abattoir, sur Instagram et Facebook pour des revues de l’actualité et des archives à saveur féministe.
- Blogue Je suis féministe, cofondé par Marianne Prairie et Isabelle Miron, actif de 2005 à 2019 et consultable en ligne.
- Les travaux de notre panéliste Mélissa Blais sur l’antiféminisme, notamment l’ouvrage L’attentat antiféministe de Polytechnique : une mémoire collective en transformation.
- La Bibliographie sur l’antiféminisme publié par le chantier sur l’antiféminisme du Réseau québécois en études féministes (Réqef).
- Les travaux de la neurobiologiste Catherine Vidal sur la différence plus marquée entre les femmes entre elles, qu’entre les hommes et les femmes.
- Les travaux sur les femmes de droite d’Andrea Dworkin, abordés dans l’épisode, qui touchent aux perspectives conservatrices antiféministes.
- Le Sondage Environics (2021), mentionné dans l’épisode au sujet de l’adhésion au féminisme au Canada.
- Pour obtenir plus de statistiques et d’informations au sujet des cyberviolences fondées sur le genre, nous vous invitons à consulter la ressource Mettons fin à la cyberviolence fondée sur le genre de la Fondation canadienne des femmes.